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“Moi, on touche à ma fille, le mec je lui arrache les ongles, je le torture et je le tue de mes propres mains.” Voilà ce que me dit une collègue alors que nous abordons le sujet sensible de la peine de mort. Combien de fois l’avons-nous entendu, cet argument? Et pourtant, à chaque fois je prends la mouche et je m’énerve. “Qui es-tu pour décider de la vie et de la mort de quelqu’un, aussi psychopathe soit-il?” lui rétorqué-je. Débat usuel, répété et répété maintes fois. Et pourtant cette fois-ci, une chose m’énerve vraiment : la fermeté de cette collègue, qui croit dur comme fer qu’il faut condamner à mort tous les tueurs intentionnels. Ils sont fous, malades? De toute manière ils sont impossibles à soigner, ces gens seront fidèles à eux-mêmes toute leur vie.
Deuxième assertion qui me choque : La prison à vie? (dans un monde où il y aurait une vraie prison à vie) Cela coûte au contribuable, donc autant les tuer !!!!!!!
Troisième assertion : tu verras quand tu auras des enfants, tu changeras d’avis. Eh oui, on change d’avis tellement souvent dans la vie.
Mon dieu!!! Comment peut-on changer d’avis aussi radicalement sur un sujet aussi profondément ancré dans sa nature propre? Et comment peut-on dire que puisque je n’ai pas d’enfants, je ne sais pas ce que c’est que de vouloir venger un être cher? Certes je suis jeune, mais je sais qui je suis et ce en quoi je crois.

Dans la suite logique, l’argument est de dire : une fois entré dans la vie active, en évoluant dans la vie, on change et on devient plus individualiste en pensant à ses intérêts propres. Mais mon dieu, c’est un choix de devenir ainsi!!! Ce n’est pas la société qui nous fait évoluer, ce n’est pas parce qu’il y a des attentats et des fous dans la rue que nous changeons d’avis, non, nous changeons d’avis parce qu’au vue de tout cela, nous le décidons. Et c’est un choix aussi que de constater ce qu’il se passe, mais de garder ses valeurs profondes.

Alors se mettre dans la peau des familles des victimes, ça c’est facile. Mais se mettre dans la peau sinon du tueur, mais au moins de la famille du tueur, ça non jamais!
Et puis de toute manière, dit-elle, ces gens-là ne servent à rien à la société. Donc autant les tuer !!!! Mais ce qui me fait sourire (jaune), c’est qu’elle ne dirait jamais de telles choses en parlant d’un malade/handicapé en asile psychiatrique…

Je comprends bien l’opinion de cette collègue, qui cherche à défendre sa fille. Mais non seulement ce type d’idée enferme l’être humain dans sa bulle sans voir ailleurs que son cocon familiale, mais aussi cela va plus loin : ce n’est même plus pour défendre ceux qui lui sont chers, c’est pour les venger et prendre du plaisir dans leur souffrance.

Je ne dis pas que j’ai la solution, parce que la prison actuelle n’est pas non plus la solution idéale, mais ce n’est pas une raison pour basculer dans la peine de mort.

Alors après certains diront “c’est mignon, elle est jeune, innocente et naïve, elle ne connaît rien du monde et elle a sa vision idéaliste qui changera au cours du temps.” Peut-être. Toujours est-il que celui qui me dit cela n’est jamais sorti de France et n’a jamais vu ni appréhendé la misère ni la guerre dans d’autres pays. Je suis jeune, certes. Idéaliste, sûrement. Et j’entends le rester. Evoluer vers un individualisme pro-peine de mort est un choix que je ne prendrai pas; et si je m’en approche un jour, je sais que j’aurai des personnes sur qui compter qui me feront réaliser mon errance et retourner vers qui je suis.

-S-

PS : c’est encore un billet un peu brouillon et je m’en excuse, mais c’est un autre de ces sujets qui me font sortir de mes gonds.

Une guerre, cela se fait aussi dans la négation de certaines vérités et dans le détournement des idées. Et j’en viens encore à l’école et à l’enseignement, car je crois fermement en l’importance de l’éducation et de la formation des esprits sur les bancs de la salle de classe. Et je considère que l’une des matières des plus importantes (lorsqu’elle est bien enseignée), est l’histoire. L’histoire nous apprend tellement de choses sur l’homme, ce qu’il a été, ce qu’il peut encore devenir. Or que savons-nous réellement de la vérité de cette histoire? Tous les passages de l’histoire ont été écrits par quelqu’un, donc obligatoirement ne sont pas objectifs. Lors de toutes les guerres, ce sont les gagnants qui écrivent l’histoire. Logique.

C’est pourquoi l’enseignement à l’école est l’une des armes fondamentales pour contrôler les esprits. C’est pour cela que les jeunes communistes étaient si importants, c’est pour cela que le parti nazi plaçait tant d’espoir dans ses écoliers.

Malheureusement toute cette manipulation par le savoir n’est pas encore terminée. Aujourd’hui encore, l’histoire est détournée. Ainsi les responsables du Gaza retirent tout le passage sur l’Holocauste des livres d’histoire, L’Holocauste, ce “mensonge inventé par les sionistes” étant entendu qu’il visait à “renforcer l’acceptation de l’occupation de la Palestine”… Et de l’autre côté, le ministre israëlien de l’éducation a décidé que toute mention à la Nakba (l’expulsion de leur terre de quelques 750 000 Palestiniens lors de la création d’Israël) disparaîtrait dans les manuels.

Comment établir un jour une paix dans ce pays si même ses propres habitants ignorent leur histoire et comment ils en sont arrivés là…

-S-

Source : http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2009/09/16/israel-palestine-la-guerre-des-manuels-scolaires_1241203_3218.html#ens_id=1228030

Je ne cherche pas le complot absolument, mais en voyant tout le ramdam diffusé sur cette satanée grippe A, on peut se poser des questions sur le pourquoi du comment. Je veux bien que la maladie se diffuse extrêmement rapidement, mais bon ce n’est pas non plus la fin du monde, nous n’avons pas encore beaucoup de cas en France, et encore moins de morts. Je ne banalise pas la situation, mais la grippe habituelle tue toujours de nombreuses personnes, et cela chaque année.

Alors voilà, je suis tombée sur cette vidéo, émission expliquant la manipulation du gouvernement lors de la grippe porcine de 1976 aux Etats-Unis :

Assez terrifiant, n’est-ce pas? Le vaccin pour la grippe porcine a été administré sans avoir été testé (ce n’est que la version précédente du vaccin qui l’a été, ce qui était suffisant pour dire à la population que si, le vaccin a bien été testé), a fait l’objet d’une publicité excessive, le gouvernement disant qu’il fallait se faire vacciner car la “pandémie” était extrêmement sérieuse, et au final : un véritable ravage …

Et en attendant, Sanofi monte en bourse…

Il y a de quoi devenir un peu parano tout de même…

-S-

“L’imagination est plus importante que le savoir”, a dit Einstein. Défendant fermement la liberté d’esprit, qui va de pair avec l’ouverture d’esprit, elle-même découlant de l’imagination, je ne peux qu’être d’accord. En effet, l’ouverture d’esprit implique un certain degré d’empathie, de capacité à se mettre à la place d’un autre. Or pour cela, le cerveau doit pouvoir se détacher de là où il est et se projeter vers l’inconnu pour y créer une nouvelle vision du monde. C’est cela l’imagination. De là découle la créativité.

Et si le problème de perte de liberté, d’ouverture d’esprit et de tolérance venait de la perte de l’imagination, dans un système où celle-ci est dénigrée au profit de la raison ? Or, comment la prévalence de la raison sur l’imagination entre-t-elle dans les esprits ? Comme toute culture, je dirais : à l’école.

Ci-joint un article qui se pose la même question de l’innovation à l’école : http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/09/15/l-urgence-a-developper-une-ecole-innovante_1240450_3224.html#ens_id=1240452

Et un autre expliquant la réussite de l’innovation dans le système finlandais : http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/09/15/ecole-la-finlande-pays-ou-l-innovation-est-reine_1240455_3224.html#ens_id=1240452

Certains disent que ce n’est pas le rôle de l’école que de développer l’imagination et la créativité, que son rôle est d’apporter les bases de la connaissance afin de les utiliser par la suite pour servir la créativité. Cependant c’est dans les écoles que les esprits se forgent, et selon moi ils doivent se forger avec l’idée que connaissance et créativité sont liées. C’est ce que les finlandais ont compris : au lieu de différencier les deux (ou de faire des cours séparés, idée tout aussi absurde), ils intègrent le concept de la créativité dans tous les cours. C’est le système éducatif entier qui diffère.

D’autres disent : mais si, on enseigne la créativité : il y a bien des cours de dessin et de musique ! A cela, je répondrais : tout d’abord, dans l’esprit de tous (élèves comme parents, et même autres professeurs!), ces matières sont considérées comme secondaires, comme des moments de pause/détente/goûter, à la limite ce sont des blagues! Forcément, ce sont des matières qui ne comptent pour rien, où souvent les élèves font ce qu’ils veulent, et où, au lieu d’enseigner la créativité, on leur enseigne à faire ce qu’on leur dit : dessiner une pomme de telle et telle façon, parce qu’autrement ce n’est pas bien, apprendre les compositeurs français du 20e siècle… Mais l’autre erreur est de penser que l’on enseigne la créativité en donnant des cours de “musique” et de “dessin”. La créativité n’est pas que dans les matières artistiques : elle est partout, et surtout dans la science d’ailleurs, ce que l’on pourrait trouver paradoxal, alors que c’est tout à fait logique. Comment trouver un nouveau concept scientifique, comment comprendre quelque chose d’inconnu, sans imagination ? C’est justement en se projetant vers l’inconnu et en essayant de penser différemment que la science avance.

Penser différemment. Ce qui entraîne la tolérance.

Et encore une fois, on retrouve le concept que tout est lié : la tolérance ne se combat pas par la répression ou les lois. Tout fait partie d’une grande boucle. Il faut juste trouver comment la rompre et changer les origines afin que tout en découle.

-S-

Petit article qui relance la discussion : http://www.lemonde.fr/technologies/article/2009/09/15/hadopi-deux-ans-de-feuilleton_1240456_651865.html#ens_id=1239273

C’est quand-même un comble qu’ils ne lâchent pas l’affaire… Au lieu de trouver des solutions adaptées, ils s’acharnent sur des solutions dont personne ne veut et qui ont été prouvées inutiles et stupides. Nicolas Sarkozy en fait un combat et un défi personnels maintenant. Je sais bien que la limite vie personnelle / vie politique est toujours plus floue, mais tout de même, il s’agit là de lois sérieuses, et sa réaction est tout simplement enfantine.

-S-

Edit : ça y est, Hadopi II a été adoptée… La négligence est devenue un délit. No comment…

Il y a bien peu de choses qui me mettent en colère. L’utilisation abusive et contre-productive de mots tels que liberté, ouverture d’esprit ou respect, est l’une d’entre elles. Si vous me suivez, vous savez à quel point je suis attachée à ces notions. C’est pourquoi je ne supporte pas les personnes qui brandissent ces mots sans en comprendre l’essence.

Je parle de ces gens qui arrivent dans le train de banlieue, ouvrent leur (excusez-moi, je n’ai pas pour habitude de jurer sur ce blog, mais là il n’y a pas d’autre mot) grande gueule, et scandent des notions de liberté et de respect, tout en harcelant les voyageurs n’ayant rien demandé d’autre que d’être laissés en paix, les insultant au passage pour leur manque d’”ouverture d’esprit”. Lorsque l’on tente de faire quelque chose, tout le monde vous retient et vous regarde en vous disant “laissez passer, ce ne sont que des mots”. S’ils connaissaient le pouvoir des mots…

Je parle de ces communistes et autres membres du NPA qui sifflent et insultent Frédéric Mitterrand et Eric Woerth à la Fête de l’Humanité, fête dont le but est l’échange et l’ouverture. Frédéric Mitterrant renonce à parler et rentre chez lui, disant que “ce n’est pas non plus très grave”. Eh bien si, c’est grave!

Je parle de tous ces gens qui commencent leur phrase par “je déteste le manque d’ouverture d’esprit”, et qui après se ferment à toute opinion différente de la leur.

Je parle de tous ces gens qui confondent liberté et anarchie.

A tous ces gens, avec qui j’ai du mal à garder mon sang-froid lorsque je les croise, j’aimerais leur faire prendre du recul par rapport à leurs actes et leur en faire comprendre la portée. Car il y a des mots que l’on n’utilise pas à la légère, qu’on ne peut bafouer ainsi. Ce sont des mots précieux. Et c’est à cause de ces gens que ces mots se vident de leur sens, jusqu’à même parfois prendre une connotation négative ou orientée politiquement. Ces mots portent des idées qui n’ont pas de bord politique, n’existent pas pour critiquer et ne peuvent être utilisés à d’autres fins qu’elles-mêmes : car elles sont une fin en soi.

-S-

L’expérience Milgram, vous connaissez? Voici un petit lien pour vous présenter l’expérience, désolée c’est en anglais, mais vous pouvez trouver des infos en français sur Google.

Cela fait peur, n’est-ce pas? Deux personnes sont mises dans des pièces séparées, l’une avec un bracelet relié à un appareil situé dans l’autre pièce avec la deuxième personne. La première personne doit répondre à des questions posées par la deuxième personne. En cas de mauvaise réponse, la deuxième personne doit envoyer une décharge électrique à la première. A chaque mauvaise réponse supplémentaire, la décharge augmente. Un scientifique se poste à côté de la deuxième personne, lui expliquant des bobards à propos d’une expérience scientifique, et lui dit à chaque moment de doute qu’il doit continuer l’expérience. La première personne reçoit des décharges de plus en plus importantes, crie, demande à arrêter l’expérience. La deuxième personne, inquiète,  se tourne vers le scientifique, qui lui dit qu’il doit continuer l’expérience. Alors il continue. Jusqu’à arriver à des doses mortelles.

Des scientifiques prévoyaient que 0,1% des personnes sur qui l’on a fait l’expérience arriveraient jusqu’à administrer la dose mortelle. La réalité? 50%!!!

Cette expérience a été menée après la seconde guerre mondiale, afin de comprendre pourquoi et comment des gens en arrivaient à exterminer des juifs simplement parce qu’on leur a dit de le faire. Et le résultat est prenant, angoissant, et complètement flippant… Le rapport de l’être humain à l’autorité le pousse à faire des choses inhumaines simplement parce qu’on lui dit de le faire.

Cela explique bien des choses… La peur et l’autorité : les deux outils pour éliminer toute liberté. Les deux armes fondamentales pour contrôler les populations.

-S-

Petit lien vers un article du blog d’Yves Thréard, du Figaro, sur la vidéosurveillance :

http://blog.lefigaro.fr/threard/2009/08/assez-de-cinema-sur-la-videosu.html

Encore une fois, le sujet est contourné et on ne parle pas du vrai problème. Pourtant ce mec est un journaliste, au courant de l’actualité et des difficultés concernant ce sujet de la vidéosurveillance…

Deux points me choquent en effet :

- L’utilisation de l’argument “les gens sont présents sur le net, via webcam ou Facebook, donc pourquoi se préoccuper de vidéosurveillance?” Bon au moins M. Thréard est honnête, il soulève la première réponse : on choisit de se montrer sur le net. Tant que c’est choisi, la liberté est respectée. Mais la deuxième réponse qui en découle est la suivante : tout le monde ne déballe pas sa vie sur Facebook ou sur internet en général! Tout d’abord, il faut arrêter avec Facebook, si on est un tant soit peu intelligent on n’accepte pas n’importe qui en amis. Et uniquement les amis ont accès aux informations persos et aux photos. Et troisième réponse qui en découle encore : tout le monde n’est pas présent sur internet. Et ceux qui n’y sont pas, qui cherchent à préserver toutes leurs informations et à garder un contrôle total des informations qu’ils transmettent, eux n’ont pas leur mot à dire? Eux aussi doivent subir la vidéosurveillance parce que d’autres étalent leur vie privée sur le net?

- Le sujet principal qui m’ennuie profondément, c’est, comme je le disais, que le réel problème n’est pas évoqué. Car il ne s’agit pas ici de faire des chichis parce qu’on est filmé deux minutes dans la rue. Il s’agit de concordance de différents facteurs qui arrivent à peu près en même temps et qui, en les rapprochant, esquissent des possibilités plutôt inquiétantes. Vidéosurveillance, puces RFID (cartes Navigo, produits achetés en supermarchés…), Hadopi, Loppsi… tout cela commence à faire beaucoup, vous ne trouvez pas? Et c’est en croisant tous ces éléments que l’on se rend compte du degré de la gravité de la situation. Vidéosurveillance? On vous surveille dans la rue. Carte Navigo? On vous surveille dans vos déplacements. Loppsi? On vous surveille chez vous quand vous surfez sur le net. Jusqu’où va-t-on aller? Jusqu’à quel degré tout le monde acceptera sans broncher tous ces moyens de traçage et de fichage qui s’accumulent dangereusement?

Pourtant je ne suis ni mauvaise langue, ni constamment critique, ni paranoïaque… Je suis simplement une citoyenne concernée par sa liberté future.

-S-

Le regard droit devant ou scotchés à leur pieds, à zyeuter anxieusement les gens autour ou à les dévisager d’un air provoquant, les parisiens dans le métro tracent leur chemin. Je me fond dans la foule pour me diriger vers le métro 4, ma musique dans les oreilles qui me permet de me déconnecter du monde et de la réalité, encourageant mes pensées à s’évader et à s’envoler. Mais je ne peux effacer le troupeau qui m’entoure. Je marche, une femme d’une trentaine d’années en tailleur me double et me coupe la route afin d’arriver 30 secondes plus tôt devant la rame de métro. Mon pas s’arrête pour la laisser passer, avant de reprendre son chemin inexorable vers la ligne 4.

Je n’aime pas les gens dans le métro.

Je fais la queue sur le quai pour arriver à finalement franchir la porte et me faufiler dans la masse d’étranger, plaçant un bras par-ci, une jambe par-là, évitant autant que possible de gêner quelqu’un. Le métro part, l’homme à côté n’avait pas prévu le démarrage et me rentre dedans, ses aisselles déjà moites de sueur. La station suivante approche, nous nous arrêtons. Un homme d’une quarantaine d’années, les cheveux grisonnants et l’air malsain, s’approche de la barre où mon bras est enroulé afin d’éviter de la toucher de la main, et se colle face à elle, écrasant mon bras au passage.

Je déteste les gens dans le métro.

Station suivante. Un branquignolle au regard vicieux s’engouffre dans la rame avec une nouvelle masse de gens qui poussent tout le monde au passage. Il se retrouve à côté de moi, le métro part et nous sommes un peu secoués, le chauffeur ne devant pas être très net ce matin. Je sens le bras de cet homme contre ma cuisse. Jusque là rien de très anormal, tout le monde est collé dans cette rame où l’on ne peut respirer. Mais je commence à me poser des questions lorsque ce bras bouge à un rythme étrangement contrôlé et en discordance avec les mouvements du métro. Et là, je sens sa main monter légèrement. Je sursaute, regarde l’homme avec des yeux méchants, et ouf je peux me sauver lorsque mon arrêt arrive enfin. J’ai envie de courir. Je demande pardon, bouscule un peu les gens qui ne veulent pas bouger, et enfin je peux sortir de la rame. Je respire.

Je hais les gens dans le métro.

Je me dirige vers la sortie, ma colère toujours persistante, mon exaspération et mon ras-le-bol généralisé suivant le mouvement. Mon allure est rapide, ma démarche à la limite du provocant, défiant quiconque de m’adresser la parole en cet instant. Mon regard est colérique, mes sourcils froncés, mes yeux jettent des étincelles. Je veux partir d’ici. Je marche rapidement vers la sortie, doublant quelques personnes au passage, esquissant quelques queues de poisson. Mon champ de vision s’est tellement restreint et mon esprit et mon coeur tellement chargé d’ondes négatives que je ne jette même pas un oeil au clochard par terre devant la sortie, alors que je l’entends au loin mendier quelques sous. Enfin l’air frais. C’est le quartier africain, 2-3 employés tentent de me vendre des mèches pour les cheveux ou des réductions pour une manucure : je les envoie balader rapidement sans même les regarder.

Je ne supporte pas les gens…

Je suis l’une d’entre eux.

-S-

Chaque année se tient au mois de juin le Hellfest, festival de métal à Clisson, petite ville près de Nantes. Un de mes grands moments de l’année, un weekend mythique qui ne me laisse toujours que des souvenirs inoubliables : 3 jours de bonne musique dans un cadre plus que sympa, sur un site extrêmement agréable, en compagnie d’un bonne bande de potes, entourée de gens venus des 4 coins du monde rassemblés pour quelques jours autour d’une même passion pour un style musical unificateur, avec une organisation qui s’améliore chaque année… Bref, un pur moment de régal!

Seulement voilà, les préjugés et, pardonnez-moi l’expression, les cons fermés d’esprit extrémistes et simplement stupides ne le voient pas sous cet oeil. Car le métal est synonyme de satanisme et de violence.

Voici le mail que tous les participants au Hellfest cette année ont reçu :

“Trouvez-vous normal qu’un festival ayant accueilli les années précédentes le groupe Impaled Nazarene (“Le Nazaréen Empalé”) soit soutenu par le Conseil régional des Pays de la Loire ?

Qu’un festival qui a reçu Haemorrhage (qui vocifère, au hasard, “Troublant la quiétude, je fracture une tombe, Arrachant le cercueil, saisissant un couteau et une fourchette, Je respire la putréfaction… Je festoie sur la putréfaction” (1)) ou encore Dimu Borgir (auteur du titre “Satan Mon Maître”) soit parrainé par le Conseil général de Loire-Atlantique ?

Qu’un festival qui accueille cette année des groupes nommés Sacred Reich, Pentagram ou encore Deströyer 666 (qui se définit comme “l’anti-Christ”, appelle à “commencer l’attaque” et à “faire feu”, on imagine sur qui puisqu’il est conseillé aux chrétiens de “dire leurs prières”. En effet, “Vous n’échapperez pas au marteau de Satan” leur promet le groupe… qui nous parle aussi de “sorcières qui boivent le sperme des démons” (2).) soit sponsorisé par Coca-Cola et Kronembourg ?

Non, trois fois non !

Comme le dit le Père Culat cité par Ouest-France du 4 juin, “Imaginez que l’on en dise, ne serait-ce que la moitié, sur la religion musulmane ou juive, et vous verriez le résultat !”

Ce festival qui accueille des groupes ouvertement sataniques dont certains vont jusqu’à appeler au meurtre des chrétiens, c’est le Hellfest qui se tient à Clisson du 19 au 21 juin. Avec le soutien de la ville, du Conseil général et du Conseil régional. Un soutien discret : rien sur le site du Conseil général, rien non plus sur celui du Conseil régional. Il faut se rendre dans la rubrique “partenaires” du site officiel du festival Hellfest pour l’apprendre.

Alors que les élections régionales tombent l’année prochaine, on imagine que les Pays de la Loire seront sensibles à vos protestations.

Propagez l’information autour de vous : même si elle tient à ce que ça ne s’ébruite pas, la région soutient le festival de la haine antichrétienne ! En attendant la haine antijuive ou antimusulmane ? Avec pour résultat, toujours plus de tombes profanées, de croix de cimetières retournées, et de symboles nazis tagués sur les sépultures…”

Comment peut-on exprimer tant de haine tout en dénonçant une haine inexistante ? Comment peut-on prôner cette étroitesse d’esprit tout en ne se rensignant même pas sur le sujet, en n’étant jamais allé sur le site de la manifestation (sinon ils n’oseraient pas écrire de telles imbécillités), en ne limitant tout un style musical qu’à une poignée de groupes non représentatifs et dont le second degré des paroles est plus qu’évident ? Comment peut-on chercher à porter atteinte à un style musical faisant partie intégrante de ce que l’on appelle la Culture ? Au-delà même du fait qu’il existe des groupes de métal chrétiens qui prônent la bonté et la toute-puissance de Dieu, groupes dont bien évidemment on ne parle pas, la grande majorité des groupes de métal n’ont simplement rien à voir avec la religion… OK certains groupes en parlent, tout comme dans d’autres styles musicaux, mais alors en suivant la logique de ces gens-là, il faudrait que toute allusion à la religion dans la musique soit bannie, sauf si la religion est encensée. N’importe quoi.

Et maintenant, voilà que Coca-Cola stoppe ses subventions au festival et que Ouest France réduit sa ligne éditoriale concernant le Hellfest.

Mais à quelle époque sommes-nous ? J’ai dû me tromper de siècle et atterrir dans le passé…

Battons-nous pour la défense de toutes les cultures, pour la liberté d’expression et contre l’extrémisme religieux d’une poignée d’individus ignorants!

Merci donc au groupe pro-hellfest qui organise la résistance : http://prohellfest.wordpress.com/, encourageant à écrire au conseil régional, au conseil général ainsi qu’à Coca-Cola, Kronembourg et Ouest France. En espérant que cela soit utile!

Il n’y a vraiment qu’en France pour faire tant d’histoire autour d’un simple festival de musique…

Ce qu’il y a d’ironique surtout, c’est que le métal est décrié pour son appartenance à un courant religieux sataniste, par un courant religieux extrémiste… C’est un peu l’hôpital qui se fout de la charité… Les métalleux sont accusés de détruire des tombes par des religieux qui clairement veulent détruire la Culture…

-S-

PS : petite dédicace à Pierre, un pote qui est abbé (oui oui pas de jeu de mots) et qui est fan de métal, et pas du petit métal de pacotille! Et dédicace à tous ces métalleux cathos qui, le dimanche du Hellfest, sont allés prier dans la petite église de Clisson avant de rejoindre le site du festival! ^^

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