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Cela fait un moment que je n’aie écrit d’article. Je me rattrape donc aujourd’hui avec un sujet très sensible et d’actualité, dans ce contexte de débat sur la loi contre la burqa dans les lieux publics.

Je ne sais personnellement qu’en penser. Certains arguments pour sont recevables, certains arguments contre le sont aussi.
J’étais récemment en Egypte, où pratiquement toutes les femmes sont voilées et certaines (pas tant que ça au final) portent la burqa. Comme vous vous en doutez, je suis à l’origine contre cette volonté ou obligation des femmes de se cacher ainsi. Pourtant je l’ai un peu compris après une semaine passée au Caire, où le regard appuyé des hommes peut être déroutant. J’en discutais avec un cairote, qui me disait : « maintenant que tu t’es promenée seule dans les rues du Caire, tu comprends pourquoi les femmes ici se voilent. » Bon. Pourquoi pas. Mais en y réfléchissant, les femmes se voilant ne font qu’empirer les choses : car c’est justement parce que les hommes n’ont pas l’habitude de voir des femmes non voilées, qu’ils les regardent avec insistance lorsqu’ils en voient une. Et c’est aussi paradoxal, parce que c’est la religion qui oblige les femmes à se voiler (je fais la distinction avec la burqa, non mentionnée dans le Coran), mais c’est la religion aussi qui fait que les femmes aient à se voiler. En effet, c’est parce que les relations sexuelles avant le mariage sont interdites que les hommes, frustrés et clairement en manque, sont aussi bourrés d’hormones… Tout cela me fait donc un peu penser au serpent qui se mord la queue, tout cela dans le but de cacher la femme. Pour les égyptiens il ne s’agit pas de la cacher d’ailleurs, mais bien de la protéger. But louable, mais mal placé et mal exprimé.
En revanche, je parle ici de l’Egypte. En France, il n’y a aucune raison pour les femmes de se voiler, au contraire : elles attirent plus les regards voilées que non voilées. Mais après, c’est une question de culture et d’interprétation et de suivi de la religion. je ne rentrerai pas dedans : le voile, après tout, pourquoi pas ; chez certaines femmes, il devient même un accessoire de beauté, au même titre qu’un chapeau.

Je me suis, comme à mon habitude, un peu égarée. Le sujet à l’origine était bien la burqa, et non le voile. C’est un sujet qui fait beaucoup débat, car la burqa n’est nullement imposée par le Coran. Et ce qui est pour certains incompréhensible, c’est que la plupart de ces femmes font le choix de porter la burqa. Volonté d’appartenir à une élite religieuse ? Sentiment de revenir aux racines d’une religion qui commence à être moins stricte (les jeunes prônent davantage leur envol et leur liberté que leurs ainés) ? Peut-être. Peut-être également est-ce un moyen d’établir une barrière avec le monde extérieur, qui peut se montrer dur, cruel, effrayant : peut-être une protection contre tout ce qui peut « salir ». Peut-être aussi est-ce la peur : peur de se montrer telle qu’on est, peur de s’assumer, peur du regard de l’autre (pas seulement des hommes). Mais à ce moment-là, se cacher ne résout rien : autant rester enfermé chez soi et ne pas vivre. Ce que font certaines femmes, d’ailleurs.

Donc finalement, suis-je pour ou contre cette loi ? Je peux comprendre les femmes souhaitant être libre de porter ce qu’elles veulent, mais le principe de laïcité est ce qui me fait tendre vers le pour. Le respect de l’autre aussi : pourquoi elle pourrait me voir, et pas moi ? Où porte son regard ? (certaines burqa n’ont même pas grille devant les yeux : la femme voit à travers le tissu : on ne voit donc absolument pas son regard). Enfin, au même titre qu’il est interdit de se promener nu ou même torse nu dans les rues, il ne me paraît pas extravagant d’interdire d’être entièrement couverte : cela gêne les gens dans les deux cas. Sans parler des lieux publics fermés, où il est tout à fait normal d’interdire d’être couverte : les caméras de surveillance ne pourraient détecter leurs visages, les guichetiers ne pourraient voir la personne à qui ils s’adressent, les banquiers ne pourraient contrôler l’identité de la personne demandant de l’argent sur son compte …

C’est un débat franchement sensible, et qui s’inscrit dans tout un contexte, d’identité nationale, d’interdiction des minarets …
Et je ne mélange pas tout, car pour moi l’identité nationale est un tout autre débat, et l’interdiction des minarets me semble en revanche tout à fait scandaleux. Que l’on souhaite restreindre le nombre de mosquées par territoire, c’est une chose, mais cela n’a rien à voir avec un élément architectural historique de toute mosquée. Nous sommes tout de même une nation qui tend vers la mixité et le melting pot, même si elle reste française surtout : il convient donc de ne pas imaginer que l’on peut nier la mixité dans notre population, que l’on peut se replier sur l’identité française en occultant tout apport de culture. Il faut cependant trouver un juste milieu.

C’est en réalité le même problème que pour toute chose, et l’on en revient toujours à cela : le besoin du juste milieu, d’équilibre sur un fil tendu et sensible mais bien existant, quelque part.

-S-

Sources annexes :

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2010/01/22/01016-20100122ARTFIG00532-les-conclusions-de-la-mission-parlementaire-sur-la-burqa-.php

http://www.lefigaro.fr/politique/2010/02/03/01002-20100203ARTFIG00818-voile-integral-pour-aubry-eric-besson-a-raison-.php

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2010/01/22/01016-20100122ARTFIG00532-les-conclusions-de-la-mission-parlementaire-sur-la-burqa-.php

« Moi, on touche à ma fille, le mec je lui arrache les ongles, je le torture et je le tue de mes propres mains. » Voilà ce que me dit une collègue alors que nous abordons le sujet sensible de la peine de mort. Combien de fois l’avons-nous entendu, cet argument? Et pourtant, à chaque fois je prends la mouche et je m’énerve. « Qui es-tu pour décider de la vie et de la mort de quelqu’un, aussi psychopathe soit-il? » lui rétorqué-je. Débat usuel, répété et répété maintes fois. Et pourtant cette fois-ci, une chose m’énerve vraiment : la fermeté de cette collègue, qui croit dur comme fer qu’il faut condamner à mort tous les tueurs intentionnels. Ils sont fous, malades? De toute manière ils sont impossibles à soigner, ces gens seront fidèles à eux-mêmes toute leur vie.
Deuxième assertion qui me choque : La prison à vie? (dans un monde où il y aurait une vraie prison à vie) Cela coûte au contribuable, donc autant les tuer !!!!!!!
Troisième assertion : tu verras quand tu auras des enfants, tu changeras d’avis. Eh oui, on change d’avis tellement souvent dans la vie.
Mon dieu!!! Comment peut-on changer d’avis aussi radicalement sur un sujet aussi profondément ancré dans sa nature propre? Et comment peut-on dire que puisque je n’ai pas d’enfants, je ne sais pas ce que c’est que de vouloir venger un être cher? Certes je suis jeune, mais je sais qui je suis et ce en quoi je crois.

Dans la suite logique, l’argument est de dire : une fois entré dans la vie active, en évoluant dans la vie, on change et on devient plus individualiste en pensant à ses intérêts propres. Mais mon dieu, c’est un choix de devenir ainsi!!! Ce n’est pas la société qui nous fait évoluer, ce n’est pas parce qu’il y a des attentats et des fous dans la rue que nous changeons d’avis, non, nous changeons d’avis parce qu’au vue de tout cela, nous le décidons. Et c’est un choix aussi que de constater ce qu’il se passe, mais de garder ses valeurs profondes.

Alors se mettre dans la peau des familles des victimes, ça c’est facile. Mais se mettre dans la peau sinon du tueur, mais au moins de la famille du tueur, ça non jamais!
Et puis de toute manière, dit-elle, ces gens-là ne servent à rien à la société. Donc autant les tuer !!!! Mais ce qui me fait sourire (jaune), c’est qu’elle ne dirait jamais de telles choses en parlant d’un malade/handicapé en asile psychiatrique…

Je comprends bien l’opinion de cette collègue, qui cherche à défendre sa fille. Mais non seulement ce type d’idée enferme l’être humain dans sa bulle sans voir ailleurs que son cocon familiale, mais aussi cela va plus loin : ce n’est même plus pour défendre ceux qui lui sont chers, c’est pour les venger et prendre du plaisir dans leur souffrance.

Je ne dis pas que j’ai la solution, parce que la prison actuelle n’est pas non plus la solution idéale, mais ce n’est pas une raison pour basculer dans la peine de mort.

Alors après certains diront « c’est mignon, elle est jeune, innocente et naïve, elle ne connaît rien du monde et elle a sa vision idéaliste qui changera au cours du temps. » Peut-être. Toujours est-il que celui qui me dit cela n’est jamais sorti de France et n’a jamais vu ni appréhendé la misère ni la guerre dans d’autres pays. Je suis jeune, certes. Idéaliste, sûrement. Et j’entends le rester. Evoluer vers un individualisme pro-peine de mort est un choix que je ne prendrai pas; et si je m’en approche un jour, je sais que j’aurai des personnes sur qui compter qui me feront réaliser mon errance et retourner vers qui je suis.

-S-

PS : c’est encore un billet un peu brouillon et je m’en excuse, mais c’est un autre de ces sujets qui me font sortir de mes gonds.

Une guerre, cela se fait aussi dans la négation de certaines vérités et dans le détournement des idées. Et j’en viens encore à l’école et à l’enseignement, car je crois fermement en l’importance de l’éducation et de la formation des esprits sur les bancs de la salle de classe. Et je considère que l’une des matières des plus importantes (lorsqu’elle est bien enseignée), est l’histoire. L’histoire nous apprend tellement de choses sur l’homme, ce qu’il a été, ce qu’il peut encore devenir. Or que savons-nous réellement de la vérité de cette histoire? Tous les passages de l’histoire ont été écrits par quelqu’un, donc obligatoirement ne sont pas objectifs. Lors de toutes les guerres, ce sont les gagnants qui écrivent l’histoire. Logique.

C’est pourquoi l’enseignement à l’école est l’une des armes fondamentales pour contrôler les esprits. C’est pour cela que les jeunes communistes étaient si importants, c’est pour cela que le parti nazi plaçait tant d’espoir dans ses écoliers.

Malheureusement toute cette manipulation par le savoir n’est pas encore terminée. Aujourd’hui encore, l’histoire est détournée. Ainsi les responsables du Gaza retirent tout le passage sur l’Holocauste des livres d’histoire, L’Holocauste, ce « mensonge inventé par les sionistes » étant entendu qu’il visait à « renforcer l’acceptation de l’occupation de la Palestine »… Et de l’autre côté, le ministre israëlien de l’éducation a décidé que toute mention à la Nakba (l’expulsion de leur terre de quelques 750 000 Palestiniens lors de la création d’Israël) disparaîtrait dans les manuels.

Comment établir un jour une paix dans ce pays si même ses propres habitants ignorent leur histoire et comment ils en sont arrivés là…

-S-

Source : http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2009/09/16/israel-palestine-la-guerre-des-manuels-scolaires_1241203_3218.html#ens_id=1228030

Je ne cherche pas le complot absolument, mais en voyant tout le ramdam diffusé sur cette satanée grippe A, on peut se poser des questions sur le pourquoi du comment. Je veux bien que la maladie se diffuse extrêmement rapidement, mais bon ce n’est pas non plus la fin du monde, nous n’avons pas encore beaucoup de cas en France, et encore moins de morts. Je ne banalise pas la situation, mais la grippe habituelle tue toujours de nombreuses personnes, et cela chaque année.

Alors voilà, je suis tombée sur cette vidéo, émission expliquant la manipulation du gouvernement lors de la grippe porcine de 1976 aux Etats-Unis :

Assez terrifiant, n’est-ce pas? Le vaccin pour la grippe porcine a été administré sans avoir été testé (ce n’est que la version précédente du vaccin qui l’a été, ce qui était suffisant pour dire à la population que si, le vaccin a bien été testé), a fait l’objet d’une publicité excessive, le gouvernement disant qu’il fallait se faire vacciner car la « pandémie » était extrêmement sérieuse, et au final : un véritable ravage …

Et en attendant, Sanofi monte en bourse…

Il y a de quoi devenir un peu parano tout de même…

-S-

« L’imagination est plus importante que le savoir », a dit Einstein. Défendant fermement la liberté d’esprit, qui va de pair avec l’ouverture d’esprit, elle-même découlant de l’imagination, je ne peux qu’être d’accord. En effet, l’ouverture d’esprit implique un certain degré d’empathie, de capacité à se mettre à la place d’un autre. Or pour cela, le cerveau doit pouvoir se détacher de là où il est et se projeter vers l’inconnu pour y créer une nouvelle vision du monde. C’est cela l’imagination. De là découle la créativité.

Et si le problème de perte de liberté, d’ouverture d’esprit et de tolérance venait de la perte de l’imagination, dans un système où celle-ci est dénigrée au profit de la raison ? Or, comment la prévalence de la raison sur l’imagination entre-t-elle dans les esprits ? Comme toute culture, je dirais : à l’école.

Ci-joint un article qui se pose la même question de l’innovation à l’école : http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/09/15/l-urgence-a-developper-une-ecole-innovante_1240450_3224.html#ens_id=1240452

Et un autre expliquant la réussite de l’innovation dans le système finlandais : http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/09/15/ecole-la-finlande-pays-ou-l-innovation-est-reine_1240455_3224.html#ens_id=1240452

Certains disent que ce n’est pas le rôle de l’école que de développer l’imagination et la créativité, que son rôle est d’apporter les bases de la connaissance afin de les utiliser par la suite pour servir la créativité. Cependant c’est dans les écoles que les esprits se forgent, et selon moi ils doivent se forger avec l’idée que connaissance et créativité sont liées. C’est ce que les finlandais ont compris : au lieu de différencier les deux (ou de faire des cours séparés, idée tout aussi absurde), ils intègrent le concept de la créativité dans tous les cours. C’est le système éducatif entier qui diffère.

D’autres disent : mais si, on enseigne la créativité : il y a bien des cours de dessin et de musique ! A cela, je répondrais : tout d’abord, dans l’esprit de tous (élèves comme parents, et même autres professeurs!), ces matières sont considérées comme secondaires, comme des moments de pause/détente/goûter, à la limite ce sont des blagues! Forcément, ce sont des matières qui ne comptent pour rien, où souvent les élèves font ce qu’ils veulent, et où, au lieu d’enseigner la créativité, on leur enseigne à faire ce qu’on leur dit : dessiner une pomme de telle et telle façon, parce qu’autrement ce n’est pas bien, apprendre les compositeurs français du 20e siècle… Mais l’autre erreur est de penser que l’on enseigne la créativité en donnant des cours de « musique » et de « dessin ». La créativité n’est pas que dans les matières artistiques : elle est partout, et surtout dans la science d’ailleurs, ce que l’on pourrait trouver paradoxal, alors que c’est tout à fait logique. Comment trouver un nouveau concept scientifique, comment comprendre quelque chose d’inconnu, sans imagination ? C’est justement en se projetant vers l’inconnu et en essayant de penser différemment que la science avance.

Penser différemment. Ce qui entraîne la tolérance.

Et encore une fois, on retrouve le concept que tout est lié : la tolérance ne se combat pas par la répression ou les lois. Tout fait partie d’une grande boucle. Il faut juste trouver comment la rompre et changer les origines afin que tout en découle.

-S-

Petit article qui relance la discussion : http://www.lemonde.fr/technologies/article/2009/09/15/hadopi-deux-ans-de-feuilleton_1240456_651865.html#ens_id=1239273

C’est quand-même un comble qu’ils ne lâchent pas l’affaire… Au lieu de trouver des solutions adaptées, ils s’acharnent sur des solutions dont personne ne veut et qui ont été prouvées inutiles et stupides. Nicolas Sarkozy en fait un combat et un défi personnels maintenant. Je sais bien que la limite vie personnelle / vie politique est toujours plus floue, mais tout de même, il s’agit là de lois sérieuses, et sa réaction est tout simplement enfantine.

-S-

Edit : ça y est, Hadopi II a été adoptée… La négligence est devenue un délit. No comment…

Il y a bien peu de choses qui me mettent en colère. L’utilisation abusive et contre-productive de mots tels que liberté, ouverture d’esprit ou respect, est l’une d’entre elles. Si vous me suivez, vous savez à quel point je suis attachée à ces notions. C’est pourquoi je ne supporte pas les personnes qui brandissent ces mots sans en comprendre l’essence.

Je parle de ces gens qui arrivent dans le train de banlieue, ouvrent leur (excusez-moi, je n’ai pas pour habitude de jurer sur ce blog, mais là il n’y a pas d’autre mot) grande gueule, et scandent des notions de liberté et de respect, tout en harcelant les voyageurs n’ayant rien demandé d’autre que d’être laissés en paix, les insultant au passage pour leur manque d’ »ouverture d’esprit ». Lorsque l’on tente de faire quelque chose, tout le monde vous retient et vous regarde en vous disant « laissez passer, ce ne sont que des mots ». S’ils connaissaient le pouvoir des mots…

Je parle de ces communistes et autres membres du NPA qui sifflent et insultent Frédéric Mitterrand et Eric Woerth à la Fête de l’Humanité, fête dont le but est l’échange et l’ouverture. Frédéric Mitterrant renonce à parler et rentre chez lui, disant que « ce n’est pas non plus très grave ». Eh bien si, c’est grave!

Je parle de tous ces gens qui commencent leur phrase par « je déteste le manque d’ouverture d’esprit », et qui après se ferment à toute opinion différente de la leur.

Je parle de tous ces gens qui confondent liberté et anarchie.

A tous ces gens, avec qui j’ai du mal à garder mon sang-froid lorsque je les croise, j’aimerais leur faire prendre du recul par rapport à leurs actes et leur en faire comprendre la portée. Car il y a des mots que l’on n’utilise pas à la légère, qu’on ne peut bafouer ainsi. Ce sont des mots précieux. Et c’est à cause de ces gens que ces mots se vident de leur sens, jusqu’à même parfois prendre une connotation négative ou orientée politiquement. Ces mots portent des idées qui n’ont pas de bord politique, n’existent pas pour critiquer et ne peuvent être utilisés à d’autres fins qu’elles-mêmes : car elles sont une fin en soi.

-S-

L’expérience Milgram, vous connaissez? Voici un petit lien pour vous présenter l’expérience, désolée c’est en anglais, mais vous pouvez trouver des infos en français sur Google.

Cela fait peur, n’est-ce pas? Deux personnes sont mises dans des pièces séparées, l’une avec un bracelet relié à un appareil situé dans l’autre pièce avec la deuxième personne. La première personne doit répondre à des questions posées par la deuxième personne. En cas de mauvaise réponse, la deuxième personne doit envoyer une décharge électrique à la première. A chaque mauvaise réponse supplémentaire, la décharge augmente. Un scientifique se poste à côté de la deuxième personne, lui expliquant des bobards à propos d’une expérience scientifique, et lui dit à chaque moment de doute qu’il doit continuer l’expérience. La première personne reçoit des décharges de plus en plus importantes, crie, demande à arrêter l’expérience. La deuxième personne, inquiète,  se tourne vers le scientifique, qui lui dit qu’il doit continuer l’expérience. Alors il continue. Jusqu’à arriver à des doses mortelles.

Des scientifiques prévoyaient que 0,1% des personnes sur qui l’on a fait l’expérience arriveraient jusqu’à administrer la dose mortelle. La réalité? 50%!!!

Cette expérience a été menée après la seconde guerre mondiale, afin de comprendre pourquoi et comment des gens en arrivaient à exterminer des juifs simplement parce qu’on leur a dit de le faire. Et le résultat est prenant, angoissant, et complètement flippant… Le rapport de l’être humain à l’autorité le pousse à faire des choses inhumaines simplement parce qu’on lui dit de le faire.

Cela explique bien des choses… La peur et l’autorité : les deux outils pour éliminer toute liberté. Les deux armes fondamentales pour contrôler les populations.

-S-

Petit lien vers un article du blog d’Yves Thréard, du Figaro, sur la vidéosurveillance :

http://blog.lefigaro.fr/threard/2009/08/assez-de-cinema-sur-la-videosu.html

Encore une fois, le sujet est contourné et on ne parle pas du vrai problème. Pourtant ce mec est un journaliste, au courant de l’actualité et des difficultés concernant ce sujet de la vidéosurveillance…

Deux points me choquent en effet :

- L’utilisation de l’argument « les gens sont présents sur le net, via webcam ou Facebook, donc pourquoi se préoccuper de vidéosurveillance? » Bon au moins M. Thréard est honnête, il soulève la première réponse : on choisit de se montrer sur le net. Tant que c’est choisi, la liberté est respectée. Mais la deuxième réponse qui en découle est la suivante : tout le monde ne déballe pas sa vie sur Facebook ou sur internet en général! Tout d’abord, il faut arrêter avec Facebook, si on est un tant soit peu intelligent on n’accepte pas n’importe qui en amis. Et uniquement les amis ont accès aux informations persos et aux photos. Et troisième réponse qui en découle encore : tout le monde n’est pas présent sur internet. Et ceux qui n’y sont pas, qui cherchent à préserver toutes leurs informations et à garder un contrôle total des informations qu’ils transmettent, eux n’ont pas leur mot à dire? Eux aussi doivent subir la vidéosurveillance parce que d’autres étalent leur vie privée sur le net?

- Le sujet principal qui m’ennuie profondément, c’est, comme je le disais, que le réel problème n’est pas évoqué. Car il ne s’agit pas ici de faire des chichis parce qu’on est filmé deux minutes dans la rue. Il s’agit de concordance de différents facteurs qui arrivent à peu près en même temps et qui, en les rapprochant, esquissent des possibilités plutôt inquiétantes. Vidéosurveillance, puces RFID (cartes Navigo, produits achetés en supermarchés…), Hadopi, Loppsi… tout cela commence à faire beaucoup, vous ne trouvez pas? Et c’est en croisant tous ces éléments que l’on se rend compte du degré de la gravité de la situation. Vidéosurveillance? On vous surveille dans la rue. Carte Navigo? On vous surveille dans vos déplacements. Loppsi? On vous surveille chez vous quand vous surfez sur le net. Jusqu’où va-t-on aller? Jusqu’à quel degré tout le monde acceptera sans broncher tous ces moyens de traçage et de fichage qui s’accumulent dangereusement?

Pourtant je ne suis ni mauvaise langue, ni constamment critique, ni paranoïaque… Je suis simplement une citoyenne concernée par sa liberté future.

-S-

Le regard droit devant ou scotchés à leur pieds, à zyeuter anxieusement les gens autour ou à les dévisager d’un air provoquant, les parisiens dans le métro tracent leur chemin. Je me fond dans la foule pour me diriger vers le métro 4, ma musique dans les oreilles qui me permet de me déconnecter du monde et de la réalité, encourageant mes pensées à s’évader et à s’envoler. Mais je ne peux effacer le troupeau qui m’entoure. Je marche, une femme d’une trentaine d’années en tailleur me double et me coupe la route afin d’arriver 30 secondes plus tôt devant la rame de métro. Mon pas s’arrête pour la laisser passer, avant de reprendre son chemin inexorable vers la ligne 4.

Je n’aime pas les gens dans le métro.

Je fais la queue sur le quai pour arriver à finalement franchir la porte et me faufiler dans la masse d’étranger, plaçant un bras par-ci, une jambe par-là, évitant autant que possible de gêner quelqu’un. Le métro part, l’homme à côté n’avait pas prévu le démarrage et me rentre dedans, ses aisselles déjà moites de sueur. La station suivante approche, nous nous arrêtons. Un homme d’une quarantaine d’années, les cheveux grisonnants et l’air malsain, s’approche de la barre où mon bras est enroulé afin d’éviter de la toucher de la main, et se colle face à elle, écrasant mon bras au passage.

Je déteste les gens dans le métro.

Station suivante. Un branquignolle au regard vicieux s’engouffre dans la rame avec une nouvelle masse de gens qui poussent tout le monde au passage. Il se retrouve à côté de moi, le métro part et nous sommes un peu secoués, le chauffeur ne devant pas être très net ce matin. Je sens le bras de cet homme contre ma cuisse. Jusque là rien de très anormal, tout le monde est collé dans cette rame où l’on ne peut respirer. Mais je commence à me poser des questions lorsque ce bras bouge à un rythme étrangement contrôlé et en discordance avec les mouvements du métro. Et là, je sens sa main monter légèrement. Je sursaute, regarde l’homme avec des yeux méchants, et ouf je peux me sauver lorsque mon arrêt arrive enfin. J’ai envie de courir. Je demande pardon, bouscule un peu les gens qui ne veulent pas bouger, et enfin je peux sortir de la rame. Je respire.

Je hais les gens dans le métro.

Je me dirige vers la sortie, ma colère toujours persistante, mon exaspération et mon ras-le-bol généralisé suivant le mouvement. Mon allure est rapide, ma démarche à la limite du provocant, défiant quiconque de m’adresser la parole en cet instant. Mon regard est colérique, mes sourcils froncés, mes yeux jettent des étincelles. Je veux partir d’ici. Je marche rapidement vers la sortie, doublant quelques personnes au passage, esquissant quelques queues de poisson. Mon champ de vision s’est tellement restreint et mon esprit et mon coeur tellement chargé d’ondes négatives que je ne jette même pas un oeil au clochard par terre devant la sortie, alors que je l’entends au loin mendier quelques sous. Enfin l’air frais. C’est le quartier africain, 2-3 employés tentent de me vendre des mèches pour les cheveux ou des réductions pour une manucure : je les envoie balader rapidement sans même les regarder.

Je ne supporte pas les gens…

Je suis l’une d’entre eux.

-S-

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